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Lura M'bem di fora Lura étudiait sagement dans la filière sports études (option natation) à Lisbonne, quand Juka, chanteur à succès originaire de São Tome et Principe, lui demande de participer à son nouvel album. «J’avais dix-sept ans. Je devais participer aux chœurs, mais finalement Juka m’a demandée de chanter en duo avec lui. Je n’avais jamais pensé chanter. Il a insisté…», raconte Lura qui se découvre ainsi une voix, un timbre grave et sensuel. Le zouk de Juka est un succès: d’autres célébrités de Lisbonne proposent à Lura des collaborations, ses compatriotes Tito Paris, Paulo Florès, Paulino Vieira… Entre-temps, Lura participe à une troupe de théâtre quand un producteur portugais réalise son premier album, un disque pour faire danser sa génération. Lura a alors 21 ans. Zouk love sirupeux et sucrerie r’n’b en version créole capverdien. «C’était un disque surtout destiné aux discothèques», dira-t-elle. Mais, malgré le côté commercial de l’album, une chanson Nha Vida (Ma vie) retient l’attention puisqu’elle sera, l’année suivante en 1997, sur Le label Lusafrica repère la jeune chanteuse prodige grâce à son duo avec Bonga sur En 2005, l’album sort dans une dizaine de pays dont les U.S.A., l’Italie (où il se classe parmi les meilleures ventes pendant l’été), l’Angleterre (où il est nommé aux BBC World Music Awards). A propos de Di Korpu Ku Alma, le journaliste Portugais José Eduardo Agualusa écrit « je n'ai cessé de dire à qui veut l'entendre que le futur de la musique capverdienne a déjà un nom, et que ce nom est Lura », de son côté le quotidien britannique The Independent déclare « lorsque sa carrière internationale prendra son envol, cette fille remplira les stades ». Avec 70 concerts en 2005 et près d’une centaine en 2006, Lura est propulsée sur les scènes internationales dans le sillage de son aînée Cesaria Evora. Pourtant le style de Lura est bien différent. Elle fait partie de cette génération qui redécouvre les rythmes anciens des campagnes capverdiennes: le funana, cette danse endiablée typique de l’île de Santiago qui est jouée avec un accordéon accompagné d’un ferrinho (sorte de reco-reco en fer), le cola sanjon, un rythme que l’on entend au moment des fêtes liées à la Saint-Jean au mois de juin, la mazurka, apportée par les Français dans l’île de Sant’Anton… Et comme d’autres jeunes artistes (et notamment Tcheka – Prix R.F.I. Musiques du Monde en 2005) Lura réinvente le vieux rythme de batuque, cette frappe des lavandières de l’île de Santiago sur des ballots de tissus (la tchabeta) qu’elles utilisent comme percussion. Ce qui était sous jacent dans Di Korpu Ku Alma devient éclatant dans M’bem di Fora (Je suis venue de loin) le nouvel album de Lura – à paraître le 20 novembre 2006. Suggestive et sensuelle, habitée et épicée, la voix de Lura donne vie à un éventail de chansons magnifiquement mises en scène par Nando Andrade (également producteur du dernier Rogamar de Cesaria) qui signe la production et les arrangements de 11 titres de l’album, Toy Vieira – pianiste et chef d’orchestre de la jeune chanteuse, ayant pour sa part réalisé la La richesse des rythmes de l’archipel nous étourdi dans un tourbillon effréné: le batuque (Galanton) et le funana (M’bem di Fora, Fitiço di Funana), le cola sanjon (Romaria) et la mazurka (Mari d’Ascenson), sans oublier la coladera (No Bem La belle jeune femme à la voix mate, un peu voilée, propose un album luxuriant, enjoué et dansant qu’elle se propose de porter aux quatre coins du monde. Si elle passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller la voir, cette femme-là est définitivement une bête de scène.
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