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Maxima Alerta Llegaron los alertas
Tout débute à Santa Clara, grande ville industrieuse du centre de Cuba. Là, comme dans toute l’île, les jeunes écoutent avec ferveur les programmes radiophoniques consacrés au reggaeton, le genre musical qui a leur faveur en ce début de siècle. Popularisé au moment des premiers succès de Cubanito 20.02, en 2003, le reggaeton est un cocktail incendiaire de rap, de ragga et de sensualité latine. A Cuba (où on l’écrit parfois "regueton", voire "reggae town"), le genre est plus doux, plus policé, moins machiste, que dans le reste des Caraïbes. Mais il n’en est pas moins au coeur d’une culture jeune, souvent marginalisée, voire dépréciée. A Santa Clara, Ray Machado (alias "el italiano"), Francisco Pantaleón (alias "el panta") et Yoslin Aleman (alias "mister show") commencent à répéter ensemble dès 1999. Marcos Daniel Prado, un chanteur formé à l’école de Fagot, les rejoint en 2002. Très vite, l’une de leurs maquettes est diffusée par la radio nationale et quelques uns de leurs titres (« Echar pa’ lante », « A degüello 1895 ») deviennent indispensables aux fêtes des jeunes. Au cours d’un concert à Cumanayagua, ils rencontrent Flipper, l’une des stars issues de Cubanito 20.02, qui leur apprend que le label qui les produit est à la recherche d’autres groupes. C’est au cours du concert d’anniversaire de « Cuba tonight » (une émission très populaire de Radio Taino) que leur énergie séduit le directeur artistique de Lusafrica, qui leur propose immédiatement d’enregistrer au Studio Abdala. « Llegaron los Alertas », l’album né de cette rencontre, s’ouvre sur un bref générique : tandis que des accords dramatiques défilent sur fond de guitares électriques lascives, les complices de la première heure sont remerciés un à un. C’est le public cubain qui est cité en premier, tant l’accueil qu’il a réservé au groupe lors de ses premiers concerts a été exceptionnel. Juste après vient DJ Mani, l’artisan du son du groupe. Dès le second morceau, « Pa mis gatas », ce son s’impose : lignes de basse élastiques, programmations musclées, refrains accrocheurs chantés à l’unisson avec une ardeur guerrière, contre-chants qui doivent autant (si ce n’est plus) au rap qu’au reggae ou qu’aux rythmes latins, … tout ici est au service de voix qui ne s’accordent aucun répit, qui se livrent à un pilonnage verbale d’une virtuosité et d’une intensité inouïes. L’été 2005 sera-t-il l’été du reggateon ? On le murmure dans les couloirs de plusieurs radios : le rythme qui triomphe actuellement sur toutes les pistes de danse de l’Amérique Latine pourrait bien faire danser l’été prochain sur toutes les plages d’Europe. Si c’était le cas, Maxima Alerta serait parmi les mieux placés pour surfer sur la vague reggaeton … MAXIMA ALERTA « Llegaron los Alertas » CD LUSAFRICA 462122
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