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Osdalgia
A Cuba, Osdalgia fait partie des artistes dont on attend la relève. Elle a reçu, en 2000, le prix du meilleur album pour un nouvel artiste lors des Cubadisco pour La Culebra, son premier opus. Depuis toujours, Osdalgia chante, peint, écrit. Elle a commencé par étudier le chant classique au Conservatoire. Puis elle a bifurqué vers le théâtre, où elle a acquis l’assise nécessaire pour exprimer sensations et émotions. Enfin, elle a entamé sa carrière de chanteuse professionnelle en 1992 sur la scène du cabaret Le Parisien à La Havane. Osdalgia n’a qu’un seul objectif:, apprendre de chaque expérience artistique pour devenir l’artiste la plus complète possible. Après son deuxième disque, Mi Armonía, en 2001, elle publie en octobre Suenan Los Cueros, un album qu'elle souhaite résolument contemporain, capable d’imposer une nouvelle approche de la musique cubaine et de transmettre grâce à un savoir faire qui n'appartient qu'a elle, tout ce que son île lui a légué. Osdalgia chante … (un texte de Sigfredo Ariel) Osdalgia chante … Et l’énergie déferle. Et la danse se propage. Peu importe où vous vous trouvez, nul n’y échappe, son élan vous rattrapera, vous obligera à vous tourner vers elle et à l’écouter, prêt à toutes les surprises : on rit quand elle rit, on retient son souffle quand elle exprime langoureusement sa tendresse, on fusionne avec elle en une fête ardente où se mêlent les multiples facettes des rythmes qui paraissent jaillir du plus profond de l’être. Et c’est bien de là qu’ils viennent, n’en doutez pas. Les tambours résonnent, la guitare égrène ses accords… Osdalgia chante avec témérité, avec bravoure. Elle se livre, elle s’offre tout entière, elle s’explique à travers chaque mot, chaque mélodie. Elle a créé les chansons qu’elle souhaitait voir exister afin de les imprégner de sa voix, et elle a recueilli dans la tradition les plus proches de son mode d’interprétation, de sa façon d’être. Peu importe que d’autres voix les aient maniées au fil des ans : Ay José, Yo no lloro más ou Para mi Cuba yo traigo un son. Dans ce disque en particulier, Osdalgia se rapproche de l’Osdalgia qui veut s’accomplir et qui sait qu’elle peut y parvenir. Et elle y parvient. Elle s’est entourée des musiciens idoines, des instruments nécessaires, des complices les plus fidèles. Elle parcourt avec maestria les genres et les expressions de la musique cubaine : le boléro, le guaguancó, le danzonete, la habanera, avec une prédilection pour le son (tamis d’influences et d’intenses dialogues musicaux), la canaille guaracha, l’héritage, autrement dit la présence africaine… Elle prouve ainsi son envergure. Ce n’est pas par hasard qu’elle a les honneurs de l’actualité cubaine et qu’elle est applaudie par des publics aussi divers qu’exigeants. Son pouvoir croît à chaque nouveau disque, à chaque spectacle. Osdalgia chante et compose une musique fraîche et profondément cubaine. Elle dépeint son peuple, sa vie, son parler quotidien. La sesión ou La fulana llegó, par exemple, sont deux portraits authentiques et populaires de la Havane profonde qu’elle connaît si bien et qu’elle aime tant; heureuse Havane embellie par la présence de cette jolie femme simple qui lui adresse ses hommages, qui lui narre en musique ses amours et ses haines, qu’elle illumine de sa joie. Composé de joyaux, le disque s’achève en point d’orgue sur un véritable tour de force, un pot pourri rumbero, dialogue enfiévré entre la voix et les tambours, patries des rythmes légués aux Antilles par l’Afrique pour qu’avec la guitare venue d’Europe, la musique de l’île, consomme sa communion originelle, racine de la joie de vivre. Car c’est dans la trame des origines qu’elle évolue. Ce sont les ingrédients qui ont mûri ce disque spontané, ponctué de bout en bout du rire clair d’Osdalgia qui s’accomplit définitivement, offrande sincère, merveille offerte à tous. Où que vous soyez, approchez-vous et écoutez-la chanter.
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