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Kapa DêchKAPA DÊCH - biographie
Voix denses et généreuses, rythmes en fusion, mélodies fluides et souffle chaud… On pourrait continuer l’énumération. Parler des arrangements, riches et soignés, de l’architecture savante des compositions où s’entrecroisent harmonieusement jazz et rythmes mozambicains, influences jamaïcaines et sud-africaines, funk, rock et autres humeurs musicales. Sans oublier bien sûr d’évoquer les textes, des mots chargés de sens, chantés dans des langues locales du Mozambique, leur pays. Jeunes, volontaires, ouverts au monde, les musiciens et chanteurs de Kapa Dêch symbolisent la créativité, l’énergie renaissantes d’un territoire meurtri par dix-sept années de guerre civile. Avant de mettre sur pied Kapa Dêch, ils sont éparpillés de ci de là, jouent des musiques faciles et sans ambition. Chacun dans leur coin, ils pensent à autre chose, à une musique plus adulte, "plus digne des Mozambicains" se disent-ils alors. "Une musique de fusion mais qui représenterait réellement la culture du peuple, du pays". Petit à petit l’idée fait son chemin. En avril 1996 ils jettent à la mer leurs frustrations, mettent en commun leurs rêves musicaux. Une page tourne. Un pour tous, tous pour un, Kapa Dêch voit le jour. L’aventure est officiellement lancée le 14 juillet 1996 lors d’un concert qui met le feu au Centre Culturel Français de Maputo, première étape vers le rêve: "enregistrer un jour à Paris, parce que c’est la capitale de la musique africaine". En 1997, ils participent au festival "Music Crossroads" organisé par la Coopération suédoise, qui réunit des groupes du Mozambique, du Zimbabwe et d’Afrique du Sud; ils y gagnent leurs galons de vedette régionale et décrochent l’année suivante, une tournée en Scandinavie. 1998 est, pour eux, l’année de tous les bonheurs, de tous les honneurs: ils se retrouvent en studio à Paris pour mettre en boîte leur premier album "Katchume" (Lusafrica 262602), se produisent à Lisbonne dans le cadre d’Expo 98, tournent dans une quinzaine de villes en Suède et participent à un festival en Norvège où leur route croise celle de Ray Phiri, guitariste et compositeur sud-africain renommé (ancien leader du groupe Stimela, il était présent sur l’album et la tournée "Graceland" de Paul Simon, événements ayant participé à la reconnaissance des musiques de l’Afrique du Sud à la fin des années 1980). Ray Phiri craque pour Kapa Dêch; le hasard fait bien les choses puisque chez Kapa Dêch on a toujours été fans de Ray Phiri et de ses compositions (la musique du groupe porte la marque de cette admiration). Pour inscrire dans le temps cette heureuse rencontre le guitariste accompagne Kapa Dêch sur un des titres de son deuxième album "Tsuketani" (Lusafrica 362382). A partir de rythmes ancrés dans la tradition, le groupe tisse à nouveau un patchwork flamboyant et radicalement moderne. Les musiques sont là pour donner du plaisir, les mots, le plus souvent, pour faire réfléchir. Ils interpellent les consciences sur la guerre, l’éducation, l’identité, la pauvreté, attaquent de manière frontale, dénonçant notamment la corruption qui gangrène le pays. Un journaliste enquêtant sur le sujet a été assassiné il y a quelques mois au Mozambique. Cela ne les fera pas taire, disent-ils en guise de commentaire sur cette affaire, et d’ajouter dans un éclat de rire grand angle: "S’ils veulent nous tuer, il leur faudra dépenser beaucoup de balles, car nous sommes nombreux dans le groupe". Discographie: “Katchume” - CD Lusafrica 262602
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