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Tipico OrientalTIPICO ORIENTAL - biographie
Fondé en 1945 à Santiago de Cuba sous les auspices du célèbre chanteur, guitariste, chef d'orchestre et compositeur Miguel Matamoros, dont les disques propagèrent le son dans le monde entier, le Típico Oriental se produit, selon les occasions, sous forme de trio ou de quartette. Il perpétue aujourd'hui le son le plus authentique et le plus traditionnel, celui de la région d'Oriente, dont Santiago est la capitale, et, comme la plupart des tríos et cuartetos, il interprète aussi parfois des guarachas et des boleros. Né dans la province d'Oriente, dans l'est de l'île, le son, fusion de traditions espagnoles et africaines, continue de jouir d'une exceptionnelle vitalité et c'est lui qui constitue le rythme de base de la musique aujourd'hui baptisée salsa. Ses antécédents remontent au XVIe siècle, avec le groupe mythique fondé à Santiago de Cuba par Teodora et Micaela Ginés, deux soeurs originaires de Saint-Domingue. Il prend véritablement forme à la fin du XIXe siècle, aux alentours de Guantanamo, Baracoa (berceau du tres, guitare à trois cordes doubles caractéristique du son), Holguin, Manzanillo et Santiago. Tour à tour espiègle, bucolique, lyrique ou impertinent, il exalte les charmes de la nature ou de la femme, relate des incidents du quotidien. En Oriente il est d'abord joué par des trovadores (du français "troubadour"), chanteurs s'accompagnant à la guitare ou au tres, et par de petites formations appelées bungas puis par des groupes plus étoffés, les estudiantinas (inspirées par les tunas des étudiants espagnols) et exécuté dans des sociedades de son, clubs voués à ce genre musical. Sur le plan structurel il consiste en deux parties : le son largo, avec l'exposition du thème, et le montuno, avec le refrain, chanté par le coro (choeur), sur lequel se déroulent les solos. Les harmonies simplistes (tonique, sous-dominante, dominante) dérivent des anciens romances espagnols de l'Age d'Or. L'une des caractéristiques du son est le soneo, improvisation vocale au cours de laquelle le chanteur laisse libre cours à son imagination et à sa virtuosité. Il s'adresse parfois à un auditeur, répond avec humour à des sollicitations ou fait des commentaires sur certains événements. La gouailleuse guaracha, au tempo plus enlevé, apparue à La Havane au XVIIIe siècle, s'est d'abord intégrée au théâtre picaresque (teatro bufo) cubain, et elle constitue elle aussi une chronique imagée de la vie cubaine. Né, comme le son, en Oriente, au début du XIXe siècle, le bolero est le genre romantique cubain par excellence. Il provient également d'airs espagnols, mais possède un charme tropical singulier avec son rythme sous-jacent toujours clairement marqué. Son phrasé, avec la façon spectaculaire qu'ont les boleristas d'étirer ou de raccourcir les phrases, a notamment inspiré certains chanteurs de tango. Vers le début des années 20, de nombreux musiciens cubains, attirés par l'éclat de La Havane, s'établiront dans Originaire de Cienfuegos et issu d'une famille musicale (son cousin Guido Sarría est le conguero (conga player) du célèbre Orquesta Aragón), Sarría Aristica dirige Típico Oriental depuis une quinzaine d'années. Il avait auparavant accompagné en tant que guitariste le duo Los Idaído (composé des chanteurs Ida La Guardia et Walfrido Guevara) et il constitue à lui seul une extraordinaire mémoire du son. C'est sous forme de quartette que se présente ici Típico Oriental avec Sarría Aristica (chant et guitare), Félix Marrero González (tres), Rolando Romaguera Cisneros (chant et maracas) et Hugo Valdés Giral (bongo). On appréciera le parfum suranné et la grâce qui émane de sa musique, ainsi que les formidables solos de tres - instrument au son plus piquant, plus métallique que la guitare - de Marrero González et de Heriberto Fernándes Sánchez. Avec ce disque, Típico Oriental nous présente un florilège de chansons originales dues à la plume de son directeur, Isidro Sarría Aristica. L'amour prédomine, avec ses multiples facettes: ardent avec Déjame soñar, amer et résigné avec Huyendo de tí, solitaire avec Refúgiate en mí, empli d'espoir avec Eterna melodía, poétique et raffiné avec Nadie, basé sur des vers de Nicolás Guillén, tendre avec No dudes, nostalgique avec Diálogo, lyrique avec Habla el amor et Por tus cosas, passionné avec Sublime sacrificio. Ensalada de sones nous offre un pot-pourri de célèbres sones d'antan dont Olvido de Miguel Matamoros, Papá Montero - élégie célébrant un légendaire musicien de rumba - et Caballero, silencio, l'un des premiers grands succès du Sexteto Habanero. Impossible de résister à cette musique véridique, non contaminée par le virus commercial qui affadit tant de morceaux actuels. "Lève toi et danse !", aurait sans doute ordonné le bon Samaritain s'il avait écouté Típico Oriental. Típico Oriental « ETERNA MELODIA » - CD Lusafrica 262582
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