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Las primeras
« Les premières » … Le nom de ce groupe a le mérite d’être clair : Yusimi Villier, Sheila Vives et Yunmila Aguiar sont bien les premières à enregistrer du reggaeton à Cuba. Des chanteurs le font depuis plus de trois ans (Cubanito 20.02, les pionniers, dès 2002, suivis de peu par Maxima Alerta, pour ne citer que ceux qui sont parvenus à se faire entendre hors de l’île) mais elles sont les premières jeunes filles à pénétrer cet univers très masculin. Et elles le font à leur manière … Ailleurs, notamment à Porto Rico, en République Dominicaine ou au Panama, le reggaeton est un genre musical terriblement machiste. Les jeunes filles sont nombreuses à y prendre des poses lascives dans les clips mais bien moins à y chanter. Lorsqu’elles le font, c’est pour reprendre les clichés misogynes ressassés dans les chansons de leurs confrères. A Cuba, la culture populaire est plus policée. Personne n’y ose traiter une femme de « chienne », du moins pas à la radio, et les clips n’y ont pas la même précision anatomique. L’enjeu pour Las Primeras n’est donc pas le même : il est avant tout musical. Bien sûr, les trois chanteuses prennent leur revanche sur leurs anciens amants au détour de certains couplets (nul n’aimerait être à la place du « Papi » de « Papi, no te quiero »). Mais l’essentiel se trouve ailleurs, du côté des mélodies, que Sheila, la plus expérimentée des Primeras, écrit souvent elle-même. Du côté également du choix de leurs collaborateurs, parmi les plus demandés à Cuba : Ernesto Linares, Saul Valdez, Argenis MC, … Le résultat est à l’image de Yusimi, Sheila et Yunmila : frais, entraînant et décomplexé. Dès la sortie de ce premier album, trois titres ont embrasé les pistes de danse de La Havane : « Papi, no te quiero », « Bailando en la disco » et « Muévete sexy ». Auront-ils le même effet sur les pistes de danse de votre ville ?
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